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mardi 4 mars 2014

La critique de Straw Man [S01E13] :


Je dois avouer que rédiger cette dernière critique de la saison est difficile. Pour plusieurs raisons. Tout d'abord, parce qu'elle pourrait bien être la dernière. Point. C'est une perspective à laquelle je préfère éviter de réfléchir, là tout de suite. Ensuite parce que ce season finale n'a rien d'un season finale. C'est un épisode tout à fait honorable, comme d'autres de la saison mais il n'a pas le profil d'un final. Alors que je m'attendais à ce que les scénaristes fassent monter la mayonnaise pour impressionner les studios, il n'en est rien. Pas de cliffhanger de la mort qui tue, pas de révélation fracassante, pas d'enjeux, à vrai dire. Sinon le parallèle entre l'évaluation de DORIAN et celle de la série. Enfin parce que jamais il ne fait avancer la mythologie d'un iota, restant dans les clous imposés du stand alone.


STRAW MAN, écrit par deux des scénaristes de FRINGE que je préfère, Alison Shapkner et Graham Roland, est un procédural très classique. Le retour d'un tueur en série qui touche de près John Kennex coïncide avec l’évaluation administrative de Dorian.

Or, la première partie de ce dyptique tombe complètement à plat. On a plus ou moins "appris" de choses sur John, le flic bourru et torturé aux émotions à fleur de peau bien qu'il s'agisse davantage d'une liste que de découvertes à proprement parler : l'embuscade et l'inSyndicate, son ex, la mystérieuse Anna, son rejet de la technologie, ses méthodes bourrines et peu orthodoxes. En revanche, on n'avait encore jamais entendu parler de son père, Edward Kennex, un flic corrompu, tué en service. Alors que Joel Wyman avait prévu de faire apparaître Kennex sr dans le pilote (à la place de Danica dont on apprendra l'histoire dans l'épisode UNBOUND) et d'en faire un cyborg, le voilà qui débarque à la dernière heure obligeant le téléspectateur à une gymnastique intellectuelle délicate et à double salto arrière émotionnel voué à l'échec. Un dilemme qui a manifestement aussi gêné Karl Urban, affligé d'un monologue impossible à défendre. L'histoire de ce tueur en série se déroule sans encombre, et c'est presque frustrant que John parvienne à résoudre aussi facilement une enquête qui était le clou de la carrière de son papa disparu.

Mais heureusement il y a Dorian ! Car si le personnage de Kennex a été négligé pendant ces treize épisodes, ça n'a pas été le cas de celui de l'androïde à l'âme synthétique. Il était conçu pour nous renvoyer une image de l'humanité qu'on avait perdue de vue, mais le talent de Michael Ealy en a fait un des éléments vraiment attachants de la série. Sans compter qu'on ne peut pas avoir tout faux quand on arrive à dire une réplique comme "Je te demande de m'excuser d'avoir scanné tes couilles" [I apologize for scanning your balls] sans que ça paraisse forcé.

Au crédit de l'épisode, un parfait ensemble choral : la chrome de service (oui, son histoire a fini par m'intéresser), la capitaine mutique au grand cœur, les MXs, mais aussi, une enquête qui tient la route. Seul le détective Paul fait tache, car on l'a tellement déplacé sur toutes les cases de l'échiquier qu'à ce stade il pourrait tout aussi bien disparaître sans qu'on s'en aperçoive.

Et surtout, surtout, il y a ce cadre extraordinaire ! Car Almost Human a réussi quelque chose d'unique cette saison : créer un univers pertinent et crédible. Grand écart entre les chromes et les misfits, ce dernier épisode offre une version de 2048 loin d'être aussi idyllique que celle qu'annonçait Wyman l'été dernier.


PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE
  • New Pittsburg ? Rien dans ce qu'on a pu voir depuis le début de la série ne rappelle de près ou de loin cette partie des États-Unis.
  • La production a choisi le site historique des Britannia Shipyards de Richmond pour tourner les scènes du "labo" de GLEN DUNBAR.
  • On retrouve dans l'épisode un nouvelle tête connue des fans de FRINGE, puisque SHAUN SMYTH interprétait ANIL, le chef de la rébellion dans la dernière saison de la série.
  • La chanson de Lionel Richie [Hello] que chante DORIAN : une impro de MICHAEL EALY ! 
  • Technologie : aéropoussette, distributeur de compléments alimentaires personnalisés, divers objets holographiques...


mardi 25 février 2014

La critique de Beholder [S01E12] : La perfection est subjective


Après avoir programmé la quasi totalité de la saison n'importe comment, FOX promettait de diffuser les trois derniers épisodes dans l'ordre. Malheureusement, il semble maintenant évident qu'il s'agira de trois stand alone, ce qui rend cette promesse d'autant plus superfétatoire. En outre, l'épisode est loin de faire preuve de la synergie nécessaire à nous propulser dans une deuxième saison.

Cependant, grâce à BEHOLDER, avant-dernier épisode de la première saison (?), réalisé par un ancien de FRINGE, FRED TOYE, sur un scénario de CHRIS DOWNEY (LEVERAGE) et JOE HENDERSON (WHITE COLLAR, GRACELAND), la série entre enfin de plein pied dans un univers qu'on n'avait fait qu'effleurer dans les épisodes précédents. Et dieu sait s'il y a des choses à dire !


Si l'intrigue reste très classique et complètement anecdotique (et n'est pas sans rappeler le DARKMAN de Sam Raimi), l'épisode bénéficie d'un cadre riche en références, rendu d'autant plus vraisemblable par des effets spéciaux haut de gamme.

On en apprend aussi davantage sur les Chromes, cette infime frange de la population qui vit en marge, mais on sait déjà que ce n'est pas en deux épisodes qu'on explorera les ramifications de cette ploutocratie. Point positif, c'est enfin l'occasion pour le détective Valerie Stahl de montrer sa valeur (et son utilité ?) bien qu'on regrette qu'elle ne soit pas elle-même, tant qu'à faire, l'une des cibles potentielles du "tueur en série". Puisque les scénaristes ont préféré à une courte explication l'introduction d'un "love triangle" idiot (ou comment rendre plus vraisemblable l'attirance entre Kennex et Stahl qui n'ont aucune alchimie palpable en faisant entrer en scène un chrome dans l'équation, --alors que le problème de Kennex vient surtout de la trahison d'Anna), il faudra sans nul doute attendre la deuxième saison (*beuh*) pour connaître les raisons de son choix de carrière.

En revanche, ce qui est en réalité le cœur de la série, la dynamique Kennex/Dorian, tourne à vide dans BEHOLDER. On enfonce pas mal de portes ouvertes (les bienfaits et les méfaits de la technologie restant au centre du débat avec des arguments reproduits mot à mot d'interviews données l'année dernière par le créateur de la série Joel Wyman). Pourtant on fait allusion au flic cyborg qui rejette cette technologie et au fait qu'on ne fabrique même plus son équipier.

À noter que Michael Eklund était absolument parfait dans le rôle du freak de la semaine obsédé par son idée de la beauté. Quel dommage de terminer avec le coup de la copine aveugle. Sérieux ?

Comme tous les autres épisodes de la série, BEHOLDER se regarde sans déplaisir mais il aurait dû arriver bien plus tôt dans la saison, histoire d'établir un semblant de développement pour les personnages. La triste réalité de ces quarante et quelques minutes, c'est qu'on ne sait toujours pas si Dorian est cassé (quoiqu'il est très agressif envers Kennex cette semaine) ni pourquoi....



PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE
  • Technologie : DORIAN est aussi un défibrillateur, nanotechnologie, lit intelligent, nombreuses utilisation des hologrammes (jeux, communication, sécurité, médecine légale...), boisson à l'azote liquide, le mecha de l'indic, etc...
  • RUDY LOM était un mannequin quand il était enfant !
  • Les fans de FRINGE auront évidemment reconnu le comédien MICHAEL EKLUND [qui interprétait MILO dans l'épisode Au détail près - The Plateau], ainsi que JOHN SHAW, un légiste dans deux épisodes [L'histoire de Peter - Peter et Les anciens cobayes - Olivia. In the Lab. With a Revolver) et SOPHIE LUI [journaliste dans Sujet 13 - Subject 13]. Quand JOEL WYMAN annonçait à la COMIC CON de SAN DIEGO l'été dernier qu'on verrait dans ALMOST HUMAN des figures connues du Fringevers, je m'attendais à autre chose qu'une déferlante de seconds couteaux. BONUS : les tulipes blanches, les couleurs (et même une référence au Cortexiphan :D et MILO victime d'une autre technologie de pointe (et prêt à se jeter dans le vide).
  • Musique : Strange Advance par WORLDS AWAY / Crimson and Clover par JOAN JETT AND THE BLACKHEARTS.
  • LE FANTÔME DE L’OPÉRA s'appelle ERIK dans le roman de GASTON LEROUX paru en 1910 qui a inspiré un kyrielle de films (avec LON CHANEY en 1925) et de comédies musicales (la plus célèbre étant celle d'Andrew Lloyd Webber).
  • Le retour de la boule rouge. Toujours pas d'explication...


  • On aperçoit à plusieurs reprises le clavier virtuel fabriqué par CELLUON, objet promotionnel offert par FOX l'année dernière.


mardi 18 février 2014

La critique de Disrupt [S01E11] : les androïdes rêvent-ils de trains électriques ?


Nous nous engageons dans la dernière ligne droite puisque la première (?) saison d'ALMOST HUMAN se termine dans quinze jours.

La semaine dernière, PERCEPTION (initialement quatrième épisode) ne m'avait pas vraiment convaincue en dépit de son aspect récréatif. DISRUPT, deuxième essai non transformé de SARAH GOLDFINGER, possède malheureusement les mêmes défauts que PERCEPTION. D'où l'inanité d'avoir au final programmé ces deux épisodes à la suite. Perdu dans la masse, cette intrigue filandreuse aurait pu passer. Là, c'est un stand-alone (presque) oubliable. Or la saison est beaucoup trop courte pour qu'on puisse se permettre ce genre de diversion. Dieu merci, on échappe à la maison intelligente devenue folle. Au moins un bon point. Quelques scènes resteront même en mémoire, comme la rave party virtuelle. J'ai été prise de court. Pourtant j'avais essayé de regarder CAPRICA ;)

Vous me direz qu'on découvre quand même des aspects de Dorian jusqu'ici passés sous silence (et je ne parle pas de sa 'thermo-vision'). Quelle belle idée que celle de cet androïde qui rêve non plus de moutons mais de trains électriques et d'un enfant cloué au lit par une maladie dont on ne doute pas un instant qu'elle est terminale. Ta-ta-taaa ! Il faut bien avouer qu'à ce stade, seul le personnage de Dorian présente un quelconque intérêt. L'existence de souvenirs organiques est une percée fascinante dans la problématique du programme Synthetic Soul. Autre misfit de la série et compagnon de chambrée de l'androïde, Rudy est tour à tour pathétique, génial et angoissé et comme le DNR, extrêmement seul. Alors qu'il semblait voué à rester prisonnier de blagues répétitives sur la prostitution, c'est une bonne surprise de découvrir que lui et Dorian sont 'amis' depuis longtemps, bien plus longtemps en réalité qu'on ne s'y attendait. Une info qu'il aurait été crucial de posséder plus tôt. L'isolement des deux personnages pourrait bien devenir un point essentiel de cette fin de saison.

505
L'enquête de la semaine nous emmène sur les traces d'un mystérieux groupe de hackers qui a décidé de se débarrasser de la technologie mise au point par une société spécialisée dans la sécurité, Synturion. Soupçonné d'avoir assassiné les Bennett pour venger la mort d'Aaron Kasden, ils sont rapidement mis hors de cause. Stahl et Kennex  1. infiltrent les hackers  2. capturent un suspect, Crispin X/Nico  3. jouent au bad cop/good cop  5. concluent un accord avec Nico  6. et comme d'habitude c'est facebook ou son équivalent en 2048 qui dévoile le pot aux roses et le véritable meurtrier. Rien que de très classique donc. LA question : pourquoi ne pas demander à Rudy, lui-même ancien hacker de renom ? Bref.

Que l'histoire soit loin d'être passionnante (impossible de ressentir quoique ce soit pour la coupable qu'on nous balance au dernier moment) ne serait en soi pas très grave si les personnages avaient le développement qu'ils méritent. On nous parle d'humanité mais on ne la voit pas plus qu'on ne la sent au travers de dialogues qui sont quelquefois drôles mais restent désespérément du domaine de l'exposition. Plutôt qu'entendre, j'aimerais bien voir. On sort de sa boîte Maldonado pour lui faire prendre l'air, mais comment se sentir concerné ? Quant à Kennex et Stahl, peu convaincants, ce sont évidemment les plus grosses déceptions de cet épisode. Stahl passe son temps à interroger témoins et autres protagonistes du drame. Et je ne sais pas si c'est juste mon ressenti, mais pour quelqu'un qui possède autant d'empathie, elle a de plus en plus l'air d'un robot. Kennex passe encore plus de temps que d'habitude à débiter des plaisanteries répétitives qui ne mènent nulle part (sinon à rendre son personnage détestable), cette fois au détriment de Richard Paul. On aurait pu gagner quelques minutes précieuses en les zappant.

Il y a de bonnes idées dans DISRUPT (qui m'a en outre convaincue que j'avais bien raison de me méfier de la domotique), des idées qu'on aurait pu introduire bien plus tôt dans la saison. Avec deux épisodes en stock pour entrer dans le vif du sujet, le miracle semble désormais impossible d'avoir une saison qui tienne la route. C'est bien de se servir des effets spéciaux pour souligner l'action, mais il faudrait aussi s'occuper du reste. Quid du Mur, des activités de l'Insyndicate, d'Anna et du docteur Vaughn, du problème DRN, du mystère Dorian et de Kennex sr (et j'en passe) ? Je ne suis pas voyante, mais on se rend bien compte qu'on est loin de ce qu'avait envisagé JOEL WYMAN.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE
  • Quand KENNEX infiltre les hackers, il parle avec un accent cockney. D'ailleurs, pourquoi KENNEX ne pourrait-il pas être néo-zélandais (ou l'équivalent en 2048) ? Après tout, Rudy a bien conservé son accent du Kent !
  • Le programme SYNTHETIC SOUL est-il vraiment artificiel ?
  • À noter que cela faisait un moment que les scénaristes n'avaient pas alimenté l'imaginaire des auteurs de slashfictions ["Donc si je te rase pendant que tu dors, tu serais content ?" /So if I shave you while you're unconscious, that would make you happy?]. 
  • SYNTURION probablement dérivé du mot centurion, commandant d'une légion romaine.
  • C'est jusqu'à présent le seul épisode dans lequel n'apparaît pas le détective RICHARD PAUL qui a pris des jours de congés pour accompagner sa mère au Mexique.
  • RUDY s'était commandé une fiancée sur Internet ? Je veux en savoir plus :D
  • Technologie : rave virtuelle, affichage virtuel des mails, poissons holographiques, majordome de sécurité holographique, maison intelligente...
  • Dans la vraie vie :
    - Parallèle avec le meurtre de Trayvon Martin par George Zimmerman.
    - DISRUPT est l'équivalent de groupes d'hacktivistes comme les Anonymous.


mardi 11 février 2014

Critique de Perception (épisode 1.10) : Le dernier romantique


Cette semaine, PERCEPTION abordait un sujet passionnant, celui des enfants augmentés. Après le héros cyborg et les androïdes, la panoplie futuriste s'agrandissait avec des "augments", les chromes. STAR TREK INTO DARKNESS (autre production de BAD ROBOT avec Karl Urban au générique) et le retour de KHAN, un autre être humain génétiquement modifié, auront-ils inspiré cet épisode ? Mystère. Parce que le plus gros problème de l'épisode n'est pas là.

D'emblée, on remarque que la continuité et le développement des personnages pâtissent encore une fois de la décision de la chaîne de programmer les épisodes dans un ordre qui semble, avec le recul, de plus en plus aléatoire. Ainsi le Mur qui était l'énorme question laissée en suspens la semaine dernière n'est pas mentionné. Seul point important à retenir, les trois derniers épisodes seront bien diffusés dans l'ordre ! Joie et bonheur...

Ce grand retour en arrière qui nous oblige à revenir à la relation tendue de Kennex et son équipier androïde est particulièrement agaçant. Kennex continue d'ailleurs ses visites chez le recollectionniste et il a toujours des flashbacks. Quoi ?! Sans compter des répliques qui ne collent pas du tout avec les personnages tels qu'ils ont été établi dans les neuf premiers épisodes. Par exemple, Kennex appelle son androïde D, c'est juste ridicule. Tout comme l'est de se rendre compte que la détective Valerie Stahl avait au départ pour vocation d'occuper un rôle plus important. Bref, il y a de quoi être frustré.


Que Stahl soit génétiquement modifiée n'est pas une découverte en soi. Le détective Richard Paul avait vendu la mèche dans le huitième épisode YOU ARE HERE.
"Ouais, c'est clair, je n'ai pas pu être plus grand ou plus beau. Mes parents n'avaient pas la thune."
"Même s'il l'avait eu, tu ne serais rien de plus que plus grand connard."
"Yeah, well, my parents didn't have the money to make me taller. Or pretty."
"Even if you were genetically enhanced, Richard, you would only be a taller jerk."
Cet épisode qui aurait dû lui être consacré, s'éparpille au final sur tous les autres personnages (le capitaine a même droit à une scène inutile avec Kennex devant un verre de bourbon) et on n'apprend jamais si quelqu'un d'autre que Maldonado est au courant. Le sujet n'est tout simplement pas évoqué.

Plus gênant, le manque de construction de l'ensemble. C'est d'autant plus dommage que les effets spéciaux sont d'enfer et la séquence d'intro absolument magique. Le scénario de Sarah Goldfinger en fait trop et pas assez. Trop, parce qu'elle a beaucoup de choses à dire mais qu'elle n'a pas de méthode. Pas assez, parce que le résultat, c'est que les personnages s'agitent dans différents lieux sans grande cohérence. Certes, on obtient un maximum d'infos mythologiques, mais au prix de dialogues guindés et souvent peu crédibles et de scènes bouche-trou. Le manque de subtilité du parallèle entre Kennex et la mère de Lila ne m'a pas surpris non plus, c'est déjà ce que je reprochais à FRINGE.


Dieu merci, la réalisation inspirée de Mimi Leder et un montage dynamique, souligné par l'excellent score de The Crystal Method, font passer la pilule sans encombre. J'avoue même avoir regardé l'épisode avec beaucoup de plaisir en dépit de ses défauts manifestes. Mais ce qui aurait pu être acceptable pour un quatrième épisode ne l'est plus pour un dixième. En tant qu'ultra fan de la série, je suis globalement ravie. Je ne suis pas certaine que le grand public partage mon enthousiasme ou qu'il ait seulement compris ce qu'il était en train de regarder.

Je comprends que  J.H. Wyman ne puisse pas faire part publiquement de sa frustration, mais on voit ici clairement la direction qu'il avait l'intention de donner à la série. Le pilote autant que PERCEPTION se concentrent sur un univers très différent du nôtre tout en abordant des sujets de fond qui laissent moins de place à la comédie et à l'humour. Un univers sans nul doute jugé trop sombre par les studios.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE  
  • Technologie : Google Glass 10.3, post-its virtuels, consultation juridique holographique, Vero, verrouillage ADN...
  • VALERIE STAHL est la seule chrome de la police. Les autres chromes ne l'aiment pas : est-ce à cause de son désir d'être normale ?
  • MEMBLISS [memory bliss] : la drogue illégale que prend JOHN KENNEX est faite pour qu'on se rappelle de moments heureux. Effets secondaires : paranoïa, palpitations, risque d'anévrisme, perte de conscience et diarrhée.
  • ANNA MOORE était à Rome au moment de l'assassinat du Premier Ministre italien. Elle a mis l'appartement de JOHN sur écoute pour l'INSYNDICATE.
  • Un androïde aussi cool que DORIAN et un technicien aussi génial que RUDY devraient avoir quelque chose à faire.
  • Question spécial Saint-Valentin : JOHN KENNEX est-il le dernier romantique ?

mardi 4 février 2014

Critique de Unbound (épisode 1.09) : Dorian, I am your father


"Incroyable, à qui appartient ce temple ?"
"À moi... votre Grandeur."
"Wow. Well, whose temple is this?"
"Mine... Y-Your Highness."


L'intrigue d'UNBOUND explique pourquoi la Fox a imposé un traitement à la FIREFLY à la série. Pourquoi n'avoir pas retardé la diffusion de la saison à février pour démarrer Almost  Human en même temps que THE FOLLOWING et lui donner le traitement qu'elle méritait ? Mystère.

Maintenant que la chaîne a diffusé l'épisode, je vais enfin pouvoir donner l'explication. En effet, à l'origine, J.H. Wyman avait prévu que cette tête (qu'on apercevait à la fin du pilote dans les scellés) soit celle du père de John Kennex. À l'aune de ce changement majeur, que la rumeur dit aussi voulu par la chaîne, on comprend mieux la frénésie de ré-écriture, l'obligation de retourner un certain nombre de scènes de plusieurs épisodes ainsi que le bouleversement de l'ordre des épisodes intermédiaires ! Ce type de modification capitale de la mythologie de départ est loin d'être anodin ! Car la présence de Kennex Sr ouvrait une toute autre boite de Pandore.

Je vais me débarrasser tout de suite du détail qui gêne. Qu'on ait conservé soigneusement la tête d'un XRN prêt à se déchaîner, c'est simplement la preuve qu'on aurait dû virer les responsables de la Police. En 2048, la police est partout et elle a des moyens considérables. Quand on voit débouler dans la minute une impressionnante escouade de MXs en réponse à un crime de rue, on comprend qu'on n'est plus en 2014. Ce qui confirmerait la présence d'un lien entre elle et la Mafia locale, qu'il s'agisse de l'Insyndicate ou une autre entité.

Ce qui me désole davantage, c'est qu'aura fallu attendre huit semaines pour voir enfin de quoi parle vraiment la série, pour qu'on revienne enfin sur l'existence ce Mur mystérieux, omniprésent dans le pilote. Cela dit, l'épisode n'est ni bon ni mauvais, il se situe même plutôt dans la fourchette haute. J'ai envie de dire que ce serait plus simple d'en faire la critique s'il était mauvais ! Mon problème est d'avoir eu la clé dans le premier quart d'heure. Je ne suis certainement pas la seule à m'être dit que si Danica épargnait Vaughn, le savant fou et frustré qui se prend pour Dieu, ce n'était pas pas grandeur d'âme. Allez ! Sans blague... Ergo, c'est forcément lui l'instigateur de la manœuvre.


Dans le même style, Vaughn arrive sans encombre à se volatiliser d'un commissariat en état d'alerte maximale, rempli de MX sur les dents et des meilleurs flics de la ville, avec un coffret de processeurs high tech sous le bras. Il cambriole dans la foulée le labo de Rudy qu'il est sans doute logique de laisser ouvert ou en tout cas sans aucun système de sécurité suffisamment performant pour qu'on soit prévenu d'une intrusion. C'est à faire pâlir d'effroi n'importe écrivain de polar même débutant.

C'est d'autant plus dommage que des détails intéressants abondent, comme dans les épisodes précédents de la série. Par exemple, quand John Kennex tombe, c'est toujours du côté droit ce qui pourrait indiquer qu'il est droitier mais sert surtout à démontrer que sa jambe artificielle est bien plus performante que l'originale. Au cas où on ne l'aurait pas compris, Dorian enfonce d'ailleurs le clou. Mais surtout, Unbound apporte enfin un début de réponse à la créations des DRNs et des MXs. Malheureusement le questionnement redondant de Dorian sur son identité fait un peu trop retomber le soufflé, --tout en lui apportant une touche d'humanité supplémentaire (autre détail : les DRNs sont capables de se suicider). En contrepartie, on nous offre plusieurs scènes de Dorian dans tous ses états (la rencontre du père, l'interaction avec les autres androïdes, avec Kennex et surtout son combat avec Danica).

Le scénario de GRAHAM ROLAND est, pour faire simple, un reboot du pilote de FRINGE avec un Walter Bishop qui serait passé du côté sombre de la Force et fait la part belle à une sérialisation qui a tant manqué depuis le début. Le méchant scientifique (jusqu'à preuve du contraire) a son pendant : le méchant robot qu'on appelait de nos vœux ! Danica remplace Henry Higgins au volant du taxi (scène parfaite où la vanité le dispute à la sauvagerie). Gina Carano, dans un rôle presque muet, est parfaitement crédible en dominatrice XRN et grâce à elle, les scènes de combats prennent une nouvelle dimension. Un accessit à Karl Urban : ce n'est pas si souvent que l'acteur principal d'une série se fait botter le cul avec autant de conviction !

Mais c'est l'arrivée de l'extraordinaire John Larroquette dans le rôle de Darth Vador Nigel Vaughn qui fait pencher la balance du bon côté. Que le comédien s'installe dans un rôle récurrent est évidemment un énorme plus pour la série. Et comme on s'y attendait, il est tout simplement épatant ! Vaughn est un mégalomane torturé, gouverné par ses émotions, capable du pire comme du meilleur. Puisque, comme le fait remarquer Dorian, ce sont nos choix qui nous définissent, il faudra voir ce que nous réserve le personnage à l'avenir.

Pour conclure, je dirais que c'est la première fois que Kennex dépasse le stade du personnage unidimensionnel qui lui était réservé. Il parle de Danica sans jamais lui donner son petit nom, réfère à l'XRN en utilisant le neutre et considère Dorian non pas comme un androïde mais un véritable individu.

Bref, un épisode qu'on aurait dû voir bien plus tôt....


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE 
  • KI: THEORY : Stand by Me
  • Qui a-t-il derrière le Mur ? Une zone irradiée ? Une Mégalopole ultra-violente et dépourvue de lois ? KENNEX va-t-il redevenir JUDGE DREDD quand il passera enfin de l'autre côté ?
  • Dans STAR TREK 2009, JIM KIRK utilise une méthode identique à celle de KENNEX pour se débarrasser d'un Romulien : il lui pique son arme au corps à corps. Mais il faut reconnaître que c'est surtout du pur JOHN MCCLANE.
  • Nombreuses références à Fringe : the other side, over there, les tulipes blanches...
  • Et retour des fleurs artificielles déjà vues dans SIMON SAYS.
  • Le titre de l'épisode est-il une référence au FRANKENSTEIN UNBOUND (La résurrection de Frankenstein) de ROGER CORMAN ? Ou encore à PROMÉTHÉE DÉLIVRÉ [PROMETHEUS UNBOUND] du dramartuge grec ESCHYLE ou PERCY SHELLEY ?
  • Dans IRON MAN 2, Tony Stark a des problèmes avec son générateur au palladium. 
  • DREDD - Mis à part l'histoire autour du Mur, qui s'attendait à entendre KENNEX dire à son arme "Rapid fire!" ?

mardi 14 janvier 2014

La critique de You Are Here [S01E08] : "Touche pas à mon Dorian"


Merci de votre coopération et n'oubliez pas  : faites l'amour et combattez la drogue. Restez de ce côté du Mur et respectez la loi. 
["Thank you for your cooperation and remember: hugs, not drugs. Stay on this side of the Wall and respect authority."]

Ouah ! C'était donc de cette série-là que parlait Joel Wyman quand il présentait son pitch l'année dernière ? Rien à voir avec les épisodes humoristiques précédents, centrés sur Kennex et Dorian. Tous les personnages secondaires ont droit à un développement digne de ce nom, la mythologie pointe son nez et l'univers n'est plus plus si glamour. Il ne fait aucun doute que cet épisode est bien le deuxième (et c'est un peu normal, vu que c'est effectivement le cas) et que Wyman l'écrit. Sa vision se ressent dans toutes les scènes. YOU ARE HERE est un stand alone passionnant qui apporte une bonne dose de mythologie et permet à tous les personnages d'enfin exister en dehors de scènes de badinage.

Cela dit, je pense que tout le monde sera d'accord avec moi quand je dirais que YOU ARE HERE est l'un des meilleurs épisodes de la saison. Et pas uniquement à cause de cette idée de balle magique : d'un coup, on est face à un univers parfaitement construit et inventif, on revient à ce qui nous intéresse, à savoir l'enquête sur l'Insyndicate qui a organisé l'embuscade du pilote, et dans la foulée sur la trahison de la compagne de Kennex, sur les problèmes que le détective doit surmonter pour reprendre ses fonctions, sur la place 'sociale' de l'unique DRN perdu au milieu d'une nuée de MXs, j'en passe, la liste serait trop longue.

Malheureusement, les interactions entre les personnages sont incompréhensibles puisqu'entre temps on a vu six épisodes censés se dérouler... après. Quand sort de son placard le prisonnier du pilote pour un petit tour aux scellés, on ne peut que constater le gâchis. Ce qui rend d'autant plus vaine la décision de la FOX de ne pas avoir diffusé les épisodes dans leur ordre chronologique. Comme pour enfoncer le clou, la série ne reviendra pas sur la chaîne avant début février, annihilant quasiment toute chance d'une deuxième saison. Le public américain dans sa grande majorité ignore tout de cette décision de la chaîne. Je le vois mal profiter de la VOD ou attendre la sortie des DVDs pour regarder la saison dans l'ordre et se faire une idée. Et de toute façon, il serait déjà trop tard.

En attendant, Karl Urban et Michael Ealy demeurent haut la main le tandem le plus intéressant qu'on peut voir évoluer à la télévision en ce moment. Dommage que les scénaristes continuent de nous jeter à la figure la possibilité d'un intérêt romantique entre Kennex et Stahl alors qu'ils multiplient les sous-entendus homo-érotiques. Est-ce que ce serait si terrible d'avoir enfin à la télé un couple de héros gays, même si l'un des deux est androïde ? 

Deez Jutsu
Autre aspect clé de la série : la technologie. Alors que Fringe s'amusait à pousser le bouchon le plus loin possible, Almost Human réussit à nous faire peur avec des progrès qui paraissent beaucoup trop proches de nous pour qu'on n'en ressente pas une certaine inquiétude en les voyant exister sur le petit écran. L'idée des "effaceurs de mémoire" (scrubbers) est terrifiante, et pas seulement pour l'avenir des psys. Une seule idée comme celle-là pourrait facilement servir de fil rouge à une moitié de saison, quand on connait les problèmes que rencontre Kennex à se souvenir de son propre passé.

Alors pour les téléspectateurs qui se fichent de l'ordre chronologique, YOU ARE HERE est un excellent épisode. Pour les autres, oui, c'est une honte qu'on ne le voit que maintenant. Le problème, c'est qu'il ne nous manque que le quatrième appréhender la direction vers laquelle se dirige la série, et je ne suis pas certaine que ce soit la bonne. Je vais me contenter de dire que je suis à 300% pour un renouvellement et reconnaître que les scénaristes ont du pain sur la planche s'ils veulent atteindre le niveau qu'on peut attendre d'une série qui a(vait) de telles ambitions de départ.

En fait, il suffirait qu'ils écrivent plus d'épisodes comme celui-ci. Sans doute plus facile à dire qu'à faire.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE
  • I Am Dust par Gary Numan [album Splinter (Songs from a Broken Mind) - 2013] 
  • DORIAN est un DRN-0167.
  • Warriors of Gün ? Font-ils partie d'un nouveau Royaume du MMORPG fantastico-médiéval WOW (World of Warcraft) sorti en 1994 ? Le jeu aurait alors 56 ans !
  • Partez en vacances en orbite sur la station spatiale...
  • Dorian parle coréen et tchétchène.
  • INTERPOL (International Police), l'organisation internationale créée en 1923 pour promouvoir la coopération policière existe encore !
  • La balle magique ('magic bullet') fait allusion à la théorie sur le meurtre du 35e président des États-Unis John Fitzgerald Kennedy à Dallas en 1963 [à lire sur Wikipédia].
  • Allusion à FRINGE avec le personnage ANIL.
  • Les Griffin [Family Guy] : "Divorce, tue le chien et oublie le beurre de cacahuètes !" ["Get a divorce, put the dog down and just stay away from peanut butter."]
     

mardi 7 janvier 2014

La critique de Simon Says [S01E07] : C'est de la bombe !


Initialement dixième dans l'ordre de production, ce septième épisode est aussi le deuxième écrit par Alison Shapkner. Après ARRHYTHMIA, la scénariste offrait cette semaine une énième variation à la sauce SF de l'inévitable intrigue du terroriste à la bombe.

L'épisode me rappelle singulièrement les débuts de Fringe. Almost Human s'est appliqué à mettre en place un environnement très convaincant (éruptions solaires), qu'il garnit d'un tas de gadgets high tech (électro wash, fleurs à la demande), tout en donnant une idée de l'ampleur du développement du net et des réseaux sociaux (le DarkNet). Au fond, il s'agit des mêmes enquêtes de la semaine dont on ne revoit pas les protagonistes, et pour cause. La distribution chorale est excellente mais on ne sait pas toujours quoi en faire. J'imagine que changer l'ordre des épisodes, en faire réécrire certains (voire faire re-tourner une partie des scènes originales) n'arrange pas les choses. Mais je crains bien que dans cette tourmente imposée par la chaîne, la série ne résiste pas.

Le problème, c'est que Fringe avait une première saison de 20 épisodes et sans doute le temps de s'installer dans le paysage télévisuel, ce que les 13 épisodes d'Almost Human ne lui permettront pas. En revanche, une saison réduite, en dépit de son succès mitigé, pourrait lui permettre de survivre.


Mais revenons à l'épisode. La police a rejeté la candidature de Simon Lynch, un marginal au profil psychologique compliqué. Son dossier le suit partout, rendant impossible son intégration dans une société manifestement divisée socialement. Plus que ses actions, le déchaînement de haine qui en ponctue la diffusion terrifie car il ne rappelle que trop bien ce qu'on lit au quotidien sur le net.

Partant de ce principe, Dorian apparait comme un archétype. Il se considère rejeté par le système, à juste titre. Par exemple, il refuse obstinément de partager les quartiers des MX. Il veut un chez lui et il va (presque) l'obtenir. Ce ne sera pas celui auquel il s'attendait. Comme on le voit aussi cette saison avec la série britannique Sherlock Holmes, il me semble que les scénaristes sont sans doute trop à l'écoute des fans au point d'écrire des fanfictions à leur place. Passons.

Kennex et Dorian valent vraiment le détour dans cet épisode. Si on ne doute pas un seul instant que le détective va survivre, son expérience avec le terroriste permet à Shapkner de développer le personnage drastiquement. Kennex ne laisse plus sa culpabilité le paralyser pas plus qu'il ne s'identifie à Lynch, ce qui aurait été le cas au début de  la saison. C'est d'autant plus dommage qu'on n'est jamais revenu sur son histoire avec l'Insyndicate. Quant à Dorian, il démontre brillamment sa différence avec les MX : s'il sauve son partenaire, ce n'est pas à cause de statistiques ou de sa programmation. Au final, mais c'était prévisible, on s'intéresse plus à Dorian qu'au méchant de la semaine.

Comme les semaines précédentes, Simon Says est un épisode drôle, dramatique, riche en détails de toute sorte, qui se suit avec plaisir, cependant il lui manque ce petit quelque chose qui en ferait de la grande télé.

Un premier constat : impossible de savoir si la série ne décolle pas à cause des épisodes manquants (le prochain, YOU ARE HERE, est en réalité le deuxième de la saison) ou si c'est son manque de sérialisation qui la plombe.

Un deuxième constat :  Michael Ealy était fait pour interpréter Dorian. Le comédien est absolument extraordinaire dans la peau de l'androïde.

Un troisième constat : l'interaction du duo de tête, impeccable, ne suffit pas à dissimuler les failles du système. Pour un Dorian qui mérite tous les suffrages, on a un John Kennex sans relief, limité au rôle de boss d'un jeu vidéo. Tous les autres personnages sont vidés de substance. Pourquoi Richard Paul déteste-t-il Kennex ? Pourquoi est-il à ce point désagréable ? Je ne parle même pas de Maldonado (la scène finale avec Kennex ne suffit pas à sauver le personnage) ou de Stahl qui continuent avec application à n'avoir rien à faire sinon de servir de lien entre les scènes qui mettent en avant les deux héros. On cantonne Rudy à des scénettes caricaturales sans grand intérêt pour le développement du personnage.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE
  • ALESSANDRO JULIANI interprète Felix Gaeta dans 'Battlestar Galactica'. On surnomme les CYLONS 'toasters' dans la version originale. "Who's a happy toaster?" demande John Kennex à Dorian au labo.
  • The Air That I Breathe - THE HOLLIES
  • Pendulum - PEARL JAM
  • JOHN est entravé à un banc.... mais du côté de sa prothèse. Théoriquement, il peut s'éloigner vers un endroit plus désert (mais pas très vite :). 
  • Au lycée, KENNEX est surnommé WHITE CHEETAH : CHEETAH est un des robots vedette de la société BOSTON DYNAMICS (pas MASSIVE DYNAMICS :)
  • Une des scènes de la promo n'apparait pas dans l'épisode.

mardi 17 décembre 2013

La critique d'Arrhythmia [S01E06] : DRNs tous égaux mais presque


Bien que la chaîne ait décidé de ne pas programmer les épisodes dans leur ordre de production [lire], force est de constater qu'ARRHYTHMIA, dont on doit le scénario à une autre ancienne de Fringe, Alison Schapker, se rapproche manifestement plus de la vision qu'avait au départ de la série son créateur, J.H. Wyman. Certes, c'est toujours une série policière procédurale, faisant donc de cet épisode un stand-alone, mais la mythologie y est autrement plus riche que celle à laquelle nous avons eu droit dans les épisodes intermédiaires, -qu'on aurait dû voir à la suite de celui-ci. En tout cas, avoir repoussé l'épisode en sixième position a permis à développer suffisamment le personnage pour qu'on comprenne mieux la différence avec le deuxième DRN. Cette ultra-simplification est-elle la raison du départ précipité du co-producteur Naren Shankar ? On ne le saura probablement jamais.

Cette semaine, nous voilà partis pour une incursion aux urgences après une crise cardiaque plus que suspecte puisque sa victime en connaissait l'heure précise. Rien à voir avec la célèbre série des années 90. D'abord, on n'y voit pas George Clooney. Près de la machine à café se tient un hologramme médical en berne, heureusement secondé par une multitude de petites mains bien réelles capables de rebooter le logiciel.


Lancés sur la piste d'un marché noir de cœurs artificiels, nos deux héros ont enfin sous la main une enquête à la mesure des ambitions de la série. Plus excitant encore, la présence d'un deuxième DRN, interprété également par Michael ealy. Le comédien parvient à créer deux personnages très différents avec beaucoup de subtilité. Les ronchons regretteront que le DRN-494 ne reste au final qu'une occasion manquée d'explorer les lois de la robotique et la législation sur les androïdes. On n'apprend pas grand chose non plus sur le DRN, sinon qu'on a créé ce modèle pour qu'il serve dans la police avant qu'on ne le remplace par le MX. Mais ces mêmes ronchons ne pourront pas nier que la technologie en général s'intègre de façon très organique à l'épisode (si le coup du porte-monnaie dans la chaussette reste très moyen, il est largement rattrapé par le reste).

Schapkner aborde en diagonale les raisons qui ont rendu les autorités frileuses et les ont finalement décidées à abandonner le test Luger pour mettre tous les DRNs au rencart. Ce qui l'intéresse, c'est de montrer les limites de Dorian : quoiqu'il fasse, il n'en demeure pas moins un androïde. On se doute que ce ne sont pas uniquement les améliorations de Rudy Lom qui ont permis à Dorian d'évoluer. En récupérant sa mémoire (et les dossiers de toutes ses enquêtes), il ne repart pas de zéro. C'est un joli clin d’œil d'apprendre que John Kennex tient dans son "cœur" une place particulière alors que l'épisode ne se noit pas pour une fois dans le sous-entendu sexuel.

Une parenthèse. Arrêtez de nous vendre le couple Kennex/Stahl qui ne fonctionne vraiment pas ! Il y a plus de tension entre un cintre et un pot de fleurs qu'entre les deux personnages...

Autre volet passionnant de l'épisode, celui où l'application de la loi, au lieu de protéger l'innocent, le condamne à mort. Problèmes de morale, d'éthique et de déontologie se conjuguent. Quelque soit le succès de Maldonado et de ses hommes, elle ne peut pas gagner. Qu'elle réussisse à appréhender les escrocs ou qu'elle échoue, les greffés meurent. Idem pour ceux en attente de greffe. La solution apportée par Vastrel ressemble bien à ce qui se produirait aujourd'hui, preuve que tout change mais reste pareil (et vu l'état du système de santé que l'ObamaCare n'a pas rencontré le succès escompté).

Comme dans les épisodes précédents, c'est à Dorian que revient le rôle d'apporter la touche d'émotion bienvenue, avec en bémol, le sort du DRN rencontré à l'hôpital, condamné à perdre ses ambitions et sa mémoire (jusqu'à ce qu'un autre Kennex le réveille ?). Malheureusement, quarante minutes ne suffisent pas pour développer un sujet aussi vaste comme le prouve une fin assez consensuelle et optimiste. En outre, la série continue d'hésiter entre le format cop show et quelque chose de plus sérialisé sans vraiment trouver ses marques. Pourtant une enquête plus consistante permet à la série de terminer sur une bonne note (que ne reflète hélas pas son audience) cette année 2013 puisqu'Almost Human ne reviendra que le 6 janvier prochain.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE
  • Pourquoi les scénaristes m'y ont-ils fait pensé ? Depuis l'épisode de la semaine dernière, difficile de regarder les terrifiants MX-43 sans avoir une autre image en tête. Surtout quand ils se font ratatiner !
  • Vu le contexte médical, je rappellerais JOHN DORIAN dit J.D., le personnage de SCRUBS (interprété par ZACH BRAFF) parce qu'il n'existe pas de coïncidence.
  • ROBERT PICARDO interprétait un hologramme médical d'urgence dans la série STAR TREK: VOYAGER.
  • JOHN KENNEX écoute DAFT PUNK (Robot Rock) dans la voiture de patrouille. On entend aussi THE CARS (Moving in Stereo).
  • Un des personnages s'appelle HENRY MILLS : c'est aussi le nom du fils d'EMMA dans la série ONCE UPON A TIME.
  • Rien que pour l’œil qui tombe dans le café, je reviens l'année prochaine !
  • On mentionne encore le Mur dans l'épisode.  
  • On parlait aussi de cœur dans deux épisodes produits par BAD ROBOT : FRINGE [Il était une fois (Brown Betty) et FELICITY [À cœur ouvert - Help for the Lovelorn]. 
  • On a implanté pour la première fois au monde sur l'homme un cœur entièrement artificiel de la société CARLAT mis au point par le professeur Alain Carpentier le mercredi 18 décembre 2013. L'intervention a été réalisée par l'équipe de l'Hôpital européen Georges-Pompidou de Paris.

vendredi 13 décembre 2013

La critique de Blood Brothers [S01E05] : Médium rare


L'épisode commence avec le gimmick habituel quelque peu modifié puisqu'on a d'abord droit à un passage par les douches (même si elle sont soniques, c'est d'ailleurs un moment surréaliste qui rappelle vaguement un collectif Borg en plus clean, mais bon sang, depuis quand les robots ont-ils besoin de se laver ?).

La scène dans laquelle les deux héros de la série se retrouvent dans leur voiture de patrouille est clairement l'une des attractions principales de chacun des épisodes (avec l'extermination d'un ou plusieurs MX). Celle-ci ne fait pas exception à la règle. Vu le niveau, plus que sous la ceinture, des plaisanteries qu'échangent le flic humain et son partenaire androïde, je dirais qu'il n'a pas fallu longtemps à défaut d'autre chose pour développer cet aspect récurrent de leur relation. Je ne sais pas si la vision de MX-Ken restera gravé sur ma rétine de façon indélébile (après tout, je ne suis pas Barbie), mais l'échange qui s'en suit n'est pas prêt de me sortir de la tête. Vu la pruderie américaine, c'est même étonnant pour du prime time.


Heureusement, bien que le dialogue soit extrêmement drôle, on passe rapidement à la suite, et là, j'avoue avoir serré les dents pendant un instant. Le public américain est friand de scènes de prétoire et je m'apprêtais déjà à subir un exercice apparemment obligé quand l'intrigue se noue enfin. Ce n'est pas très subtil mais assez efficace. Si tout est un peu trop sur-expliqué au téléspectateur, si on peut regretter que le méchant de l'histoire soit au final assez inconsistant et qu'à force de vouloir faire faire à Dorian tout et n'importe quoi on frise le ridicule (j'imagine qu'il s'agit de démontrer pourquoi les DRNs sont dangereux et ce qui a causé leur mise à l'écart), c'est un épisode qui se suit avec plaisir car ce ne sont pas les bonnes idées qui manquent. Il manque en revanche le petit plus qui ferait une nouvelle fois d'une histoire policière convenue et cousue de fil blanc quelque chose qui tienne vraiment la route. Toutefois, la médium baba est convaincante (Megan Ferguson, épatante) et suffisamment émouvante pour que la scène finale avec le saint-bernard Dorian ronfle à plein régime. Après une intrigue chargée, on verse sa larmette.

Visuellement, c'est une réussite indéniable, de la reconstitution du bunker souterrain high tech qui abritent les androïdes au repos aux hologrammes en tout genre et autre carambolage final. La mise en scène est soignée et le montage parfait. Les comédiens s'en sortent bien aussi, Lili Taylor en tête. Le capitaine Maldonado a traversé la rue pour aller au tribunal mais dieu merci, son rôle ne s'arrête pas là. Elle parvient même à sauver plusieurs dialogues sans finesse à la force du poignet. Minka Kelly est moins gâtée. Jusqu'à présent décorative, elle se transforme dans Blood Brothers en joker destiné à pimenter une intrigue de routine et sert encore et toujours de faire-valoir. Elle aime le foot et le Bourbon ? Cela ne donne aucune épaisseur au personnage ! Vu les allusions à répétition, elle n'existerait donc essentiellement (pour l'instant ?) que pour flirter avec Kennex. J'espère qu'il s'agit d'une fausse piste et que nous allons découvrir sur le détective Stahl quelque chose de tellement énorme qu'il changera drastiquement notre perception de la série, sinon je crains le pire.

Non, ce qui étonne le plus dans l'épisode c'est qu'il hésite en permanence entre tous les genres sans jamais chercher à creuser aucun sujet. Illusions d'optiques, clairvoyance, je suis d'accord que rien de tout cela n'a guère besoin d'explication mais on peut aller plus loin que "c'est interdit parce que c'est mal" quand on s'attaque au clonage. C'est le syndrome qui plombait déjà Skin.

Comme les précédents épisodes, Blood Brothers manque d'épaisseur et de développement alors que tous les thèmes qui lui permettraient de sortir du lot sont couchés sur le papier. Cela n'en est que plus frustrant de voir la série rester avec une telle obstination à la surface pour se contenter d'une relecture du cop show à la sauce futuriste. Heureusement, la dynamique Urban/Ealy ne faiblit pas.

La série est repassée cette semaine au-dessus de la barre fatidique des 6 millions de téléspectateurs, ce qui devrait probablement lui garantir une deuxième saison.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE
  • J'ai cité STAR TREK pour son collectif BORG, mais on pense bien sûr aussi aux chemises rouges. On devrait boire un coup à chaque fois qu'un MX se fait démonter ou parier qui de leurs trois ou quatre interprètes y passera chaque semaine. Et pour repasser en dessous de la ceinture, on a déjà écrit une scène quasiment identique sur l'anatomie de DATA...
  • On pense aussi souvent à FRINGE, par exemple aux frères Rose de Prison dorée (Amber 31422) ou à Rebecca Kibner de Souvenirs de l'autre monde (Momentum Deferred) 
  • Quand DORIAN parle d'avoir son appart', est-ce que je suis la seule à avoir immédiatement pensé à Bender et Fry de FUTURAMA ?



mardi 3 décembre 2013

La critique de The Bends [S01E04] : "Borsalino"


Malheureusement pour les fans de JOEL WYMAN et en dépit de leurs attentes, ce quatrième épisode de la saison concrétise ce qu'on a déjà vu dans les trois précédents : ALMOST HUMAN est bel et bien une série policière. Et si l'on en juge par l'intrigue bâclée, ce n'est pas une série policière très ambitieuse.

Dans le scénario de DANIEL GRINDLINGER, la science fiction n'est qu'un alibi qui n'ajoute rien à la mythologie de la série. Pire, l'enquête ne tient pas la route une seule seconde. Si la mise en scène de KENNETH FINK est impeccable, l'épisode manque singulièrement de rythme et d'intérêt tant il s'englue dans les clichés. Jamais on ne parvient à ressentir une quelconque empathie envers aucun des personnages qui s'appliquent à résoudre sans aucun punch une investigation si codifiée qu'on connait presque la fin de l'histoire avant qu'elle n'ait commencé...

(c) diver5ion
La dynamique des deux personnages principaux, et on l'aura compris, moteur de la série, est ici complètement délaissée au profit de scènes d'action basiques et inintéressantes comme le combat de DORIAN avec le "méchant" androïde. Faire sortir du placard un ancien ami de KENNEX rencontré à l'école de police aurait pu fonctionner si COOPER avait eu la chance de survivre plus que trois minutes. La présence de sa femme dans l'histoire n'est malheureusement qu'une autre ficelle et tombe complètement à plat tant elle est téléguidée.

Le scénario n'exploite pas non plus la manière expéditive dont KENNEX règle le problème drastiquement à la fin de l'épisode. C'est pourtant un moment clé qui appelait un traitement particulier. La conscience de JOHN (DORIAN) pouvait par exemple intervenir avec pertinence. Au lieu de cela, on voit DORIAN torturer lui aussi un témoin, ce qui se veut une des conséquences de la fraternisation de l'androïde avec son partenaire. DORIAN a affirmé haut et fort qu'il est libre de ses choix. Évidemment, on peut remplir les pointillés, mais ça ne suffit pas à justifier une narration qui se veut elliptique sans y parvenir. Aligner les clichés (le héros brisé fidèle en amitié, loyal et prêt à tout) ne suffit pas.

Quant à l'intermède inutile au restaurant japonais, il aurait pu faire l'objet d'une série de clips proposés par la FOX pour étoffer la série, comme le fait par exemple cette saison la série ARROW avec le personnage de FELICITY mise en scène dans BLOODRUSH.

Paradoxalement, c'est encore RICHARD PAUL qui s'en sort le mieux. Au moins on en saura un peu plus sur son parcours. Ne pousse-t-il pas un peu loin sa préparation d'un néophyte qu'on force à infiltrer un gang, c'est une autre histoire. Si faire sortir RUDY LOM de son labo était le but de l'opération, pourquoi l'épisode ne profite-t-il pas de l'occasion pour dévoiler un autre aspect de sa personnalité que son excentricité, largement exploitée auparavant ? La scène finale enfonce le clou :  RUDY crève d'envie de faire partie de la bande, --on le savait déjà.

Bon, je vais m'arrêter là avant de devenir VRAIMENT négative et regarder deux ou trois épisode de BREAKING BAD.... en attendant la semaine prochaine.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE

  • Est-ce que je suis la seule à en avoir assez de voir toujours la même cabane dans les bois ? C'est au même endroit que se réfugiait Jack O'Neill dans STARGATE-SG1, Marin Frize dans MEN IN TREES, le docteur Whiticus d'EUREKA, Simon Phillips de FRINGE, Clarice de CAPRICA, et j'en passe.... Il s'agit de la maison du gardin du MURDO FRAZER PARK au 2720 Pemberton Avenue, North Vancouver.
  • Clin d’œil à FRINGE : le trafiquant s'appelle le BISHOP. 
  • Certes, les épisodes sont diffusés dans le désordre, mais si la FOX a décidé de passer les meilleurs en premier, il y a de quoi être inquiet pour la suite.


mardi 26 novembre 2013

Critique de Are You Receiving? (épisode 1.03) : "Certains l'aiment chaud"


JOEL WYMAN nous avait prévenu : ALMOST HUMAN est une série policière et chaque épisode est un stand-alone. Continuité et développement sont mis à mal, il faudra s'en plaindre à la FOX qui programme les sept premiers épisodes dans le désordre.

Après une incursion dans le monde de la prostitution et des sexbots la semaine dernière, ARE YOU RECEIVING? est un épisode d'action traditionnel. LARRY TENG, son réalisateur, le décrivait via twitter comme la rencontre de DIEHARD et de MISSION: IMPOSSIBLE dans le futur. JUSTIN DOBLE qui en a écrit le scénario a déjà collaboré avec WYMAN pour plusieurs épisodes de FRINGE, --et on reconnait l'esthétique de la défunte série dans chaque plan. Ce qui surprend le plus, c'est la qualité des effets spéciaux d'un niveau excellent pour une série. Ils ajoutent crédibilité à un univers qui n'est finalement pas si différent du nôtre et rendent vraisemblable une intrigue à tiroir qui reste plaisante sans être transcendante.


Pour cette prise d'otages, DOBLE applique de manière efficace les codes du genre. À son crédit, il le fait avec un certain brio même si le scénario reste très convenu. Ce qui différencie ALMOST HUMAN de ses concurrentes, c'est l'utilisation de la technologie, autant du côté des bons que des méchants. Si le retournement de situation final est amené trop tôt, c'est globalement un épisode qui tient la route. Cependant, même si ARE YOU RECEIVING? met en avant l'action et l'humour, on ne peut pas nier que la mort continue de tenir une place importante dans la série.

On appréciera bien sûr les dialogues, --ce n'est pas encore du AUDIARD mais les réparties fusent allègrement je ne doute pas que certaines deviendront culte, et le développement des personnages secondaires. On comprend enfin à quoi servent STAHL, PAUL et surtout MALDONADO. En quelques courtes scènes, LILI TAYLOR, fantastique de bout en bout, prouve que WYMAN a eu raison de la choisir pour le rôle. Malheureusement MACKENZIE CROOK joue les utilités. Quant à MINKA KELLY, elle n'avait pas eu aussi peu de choses à faire depuis la deuxième saison de FRIDAY NIGHT LIGHTS. Dommage.

Les deux héros sont de toute façon l'intérêt principal de la série. Rien n'arrête DORIAN bien qu'il soit "limité" par sa programmation (les robots doivent protéger les humains à tout prix) : il fait dame du téléphone, polyglotte, imitateur, flic musclé, acrobate et arrive encore à chanter à la fin de l'épisode. JOHN KENNEX n'est pas en reste. Électron libre très efficace sur le terrain, il désobéit aux ordres comme il respire tout en étant capable de résoudre une prise d'otages grâce à son empathie avec une otage.

Pour l'instant le plus faible des trois épisodes déjà diffusés, en partie à cause d'une absence flagrante de mythologie, ARE YOU RECEIVING? devrait contenter les fans d'action.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE

  • JOHN KENNEX a pour deuxième prénom REGINALD. "Mon père était fan d'Elton John. C'était un chanteur, il y a longtemps. Apparemment, il s'appelait Reginald." [son véritable nom est Reginald Kenneth Dwight]
    "On a aussi tourné la scène avec la chanson Ebony and Ivory au lieu de Bennie and the Jets." LARRY TENG
    [Ebony and Ivory - Stevie Wonder et Paul McCartney - 1982 / Bennie and the Jets - Elton John - 1973]
  • Chez JOHN, au réveil : Sun Up, Wake Up par Jeremy Little.
  • La manière dont JOHN KENNEX réchauffe son café et "répare" DORIAN emprunte largement à MACGYVER. 
  • JOHN KENNEX plagie Han Solo.

Images : ALMOST HUMAN GIFS

mardi 19 novembre 2013

Critique de Skin (épisode 1.02) : Requiem pour un sexbot


Je pourrais me sentir vexée, mais en fait, je suis ravie : ALMOST HUMAN a réussi à me surprendre pour le deuxième jour consécutif. Tout au plaisir de découvrir le pilote, j'avais négligé qu'il lui manquait un ingrédient essentiel : l'émotion. Et cette émotion qui n'était que sous-jacente dans le scénario de JOEL WYMAN, elle est à fleur de peau dans ce conte philosophe écrit par CHEO HODARI COKER (Southland).

Le scénariste transforme sans même qu'on y prenne garde une banale enquête policière en réflexion sur la mort, le souvenir et le deuil. Pas mal, non ? Sans nul doute s'est-il rendu compte que ni les armes futuristes, ni les effets spéciaux les plus extraordinaires soient-ils ne peuvent remplir de façon convaincante 43 minutes d'antenne.

Plus émouvant que les jeux vidéo de Continuum, non ?

Pourtant, le point de départ de l'épisode ne laissait guère présager ce développement. Je vous laisse juge : le créateur des sexbots se fait assassiner par la pègre quand il est sur le point de dévoiler que les proxénètes bafouent la loi en utilisant de l'ADN humain pour fabriquer leurs filles.

Filochard et Robot-ldingue enquêtent. La dynamique du duo a changé. Si on prend conscience de l'extraordinaire potentiel que représente DORIAN pour la police, on découvre aussi à quel point KENNEX est coincé à tous les niveaux. Mais leurs échanges sont moins crispés. Au passage, on apprend quelques trucs rigolos sur la vie sexuelle de KENNEX et RUDY, les chats et l'insatiable curiosité de DORIAN pour les choses de la vie. On se rend compte aussi que le nombre de sexbots mâles est inversement proportionnel au nombre de flics du même sexe. C'est agaçant. Mais passons.

Je ne vais pas faire ici un résumé de l'épisode, il faut le voir pour apprécier les dialogues plein d'humour portés par un nombre incroyable de scènes bourrées de détails et surtout pétries de bon sens. Car il n'y a rien de racoleur dans cette histoire qui aurait pu s'avérer sordide. Jamais KENNEX ne perd espoir, jamais DORIAN ne lâche prise. À la réflexion métaphysique se conjugue un état des lieux de la déontologie robotique sans que jamais on ne voit les ficelles.

Il suffira maintenant que les prochains épisodes réussissent à montrer que le travail du tandem s'appuie sur celui de leurs collègues, pour l'heure négligés. Seul RUDY tire son épingle du jeu grâce à l'interprétation épatante de MACKENZIE CROOK.

Les scènes finales vous feront réagir, c'est sûr, bien que jouant sur des registres très différents. La maîtrise de MICHAEL OFFER derrière la caméra n'y est pas étrangère. D'un seul coup, le futur créé par WYMAN n'est plus ni clinquant ni ultra-réaliste. Le téléspectateur est obligé de ressentir, ce qui n'était pas arrivé dans le pilote en dépit du nombre incalculable de problèmes de son héros. C'est simple, si elle continue sur sa lancée, la série est en passe de devenir de ce que j'ai vu de mieux à la télévision depuis longtemps.


ARRIÈRE-PENSÉES DE DERNIÈRE MINUTE

-  Sebastian Jones, I.R.C. SHAW et DECKARD GARDENS HOTEL, trois nouvelles références à BLADE RUNNER.
-  Les Waterfall et l'Electra buildings ainsi que la station de traitement des eaux d'Annacis Island servent de décors aux extérieurs de l'épisode.
-  WYMAN en avait parlé dans ses interviews, la voilà.
-  Massive Attack - Black Milk

la fameuse boule rouge

MERCI À ALMOST HUMAN GIFS


lundi 18 novembre 2013

Critique du pilote : Lui, Robot


Par où commencer ?

Pour être tout à fait sincère, et je vais m'en débarrasser tout de suite, je ne m'attendais pas à autant aimer le premier épisode de la série. Je m'attendais à être, comme on dit aujourd'hui, globalement satisfaite, mais sans plus. Après tout, vu le temps que je passe sur ce blog, c'était carrément le minimum syndical et un prérequis.

À force d'être immergée depuis des lustres dans les bandes-annonces, extraits, photos et autres, j'avais même du mal à croire que le Moment était en fin arrivé. J'avais déjà pieusement regardé plusieurs fois, comme tout le monde, les deux extraits mis en ligne par la chaîne (12 minutes quand même), disséqué jusqu'à l'os tous les petits bouts de clips qu'elle avait distillées façon torture chinoise au cours des dernières semaines, mais rien ne m'avait préparé à être… surprise.

Et surprise je le fus. Je ne vais pas dire que le pilote est parfait, ce serait mentir. Joel Wyman est comme vous et moi, il est humain (sans jeu de mots). Mais je dirais que 80% du pilote est proche de la perfection. Pendant les 20 autres, il oublie que le public est intelligent.

Si vous ne voulez pas lire de spoilers, n'allez pas plus loin !